Laurette Laplante Agnew (1917 – 2011)

Nouvelle imageLaurette Laplante et Jim Agnew

Pour l’occasion, s’il y avait une musique à joindre à ce document visuel, ce serait sans aucun doute la musique du très grand mélodiste/chansonnier Claude Léveillé.

Mme Laurette Laplante Agnew, décédée paisiblement le 14 avril dernier à l’Hôpital de Saanich Peninsula a été enterrée dans un Lieu de Mémoire de Victoria, soit le Cimetière Ross Bay (Fairfield) où elle a déjà elle-même fait des tournées pour rappeler les êtres chers enterrés et continuer de se souvenir.

Membre active du Club canadien français de Victoria (SfV) depuis le début des années ’80, Mme Laplante Agnew a occupé le poste de secrétaire sur le CA de 1982 à 1984 et demeuré conseillère en 1985.  À Sidney, son lieu de résidence, elle a encouragé  la conversation en français au Centre des personnes âgées pour rappeler l’existence de la francophonie en C.-B.

En 1985, cofondatrice de l’AHFV, elle fut la première archiviste de cette association et la fondatrice de la maison d’édition Laplante-Agnew pour faciliter la publication d’oeuvres d’auteurs locaux.  Pendant 20 ans, elle a agi avec ténacité à la promotion de l’histoire des francophones du Grand Victoria par des interventions variées en milieu anglophone.

D’où venait Laurette Laplante?

Ste-Monique de Nicolet, près de Bécancour au Québec, l’a vu naître un 1er juillet de l’an 1917. Le bénévolat s’est inscrit en elle très jeune. Elle a appris à agir dans les organisations paroissiales et les mouvements de l’Action Catholique.  Musicienne, elle a partagé la musique comme organiste, directrice de chorale et pianiste d’accompagnement.

 En 1944, équipée d’un cours commercial, de la connaissance de la langue anglaise, d’études en traduction, en linguistique et en littérature française, Laurette a été retenue à l’emploi de Bell Canada pour une carrière d’une trentaine d’années en communications et en administration. Mentionnons qu’en 1967, elle a fait partie du Comité administratif du Pavillon Bell à l’Expo Terre des Hommes.

Mutée à Ottawa en 1968, elle y a rencontré l’ingénieur James Agnew, devenu son mari.  En août 1974, tous les deux retraités, ils se sont retirés en C.-B.  C’est à Sidney qu’ils se trouvent une maison et s’y installent. Les intérêts variés de Laurette comme la peinture, la musique, la fabrication de bijoux, l’histoire, la généalogie et l’archivage, lui ont permis de faire sa place avec ses idées, son énergie et son enthousiasme.  Sa contribution a été très large. Elle est devenue une membre très impliquée dans plusieurs organismes francophones et anglophones et son apport fut reconnu comme précieux aux deux cultures.

 « Ce qui fait que nous avons une retraite heureuse, c’est que nous sommes actifs.  Je comprends difficilement l’attitude des gens qui prennent leur retraite et n’ont aucun objectif pour l’utilisation de leur temps libre.  Il y a tellement de bénévolat à faire! » selon Laurette L. A.

Livre de 1843 à 1987Avec la rigueur et l’expérience comme recherchiste en généalogie et en histoire, cette femme d’administration a su mettre ses talents au service de l’organisation, de l’édition et de la publication du livre fait en collectivité et prisé par les chercheurs « Présence Francophone à Victoria 1843-1987 »).

M. Gérald Moreau qui a participé au collectif d’auteurs, a écrit qu’il avait compris l’expression « diriger avec une main de fer dans un gant de velours ».  Les mots descriptifs choisis par lui-même pour caractériser Laurette sont: travail, enthousiasme, joie, sourire, amitié, sincérité, patriotisme, francophonie, histoire et généalogie.

La première récipiendaire du Prix Napoléon Gareau de la FFCB en 1993 a été Laurette Laplante Agnew. Prix qui lui a été remis par Raymond Gareau, « en reconnaissance de son dévouement envers la sauvegarde du patrimoine de la communauté francophone. » Son nom serait inscrit sur la plaque murale commémorative des récipiendaires installée à la Maison de la Francophonie.  Le prix de l’Ordre de la fidélité française a suivi la même année.  En 1995, une décoration des Cent-Associés français lui a aussi été remise. En 2004, elle se retirait de l’Association Historique Francophone de Victoria pour prendre le rôle d’aidante naturelle auprès de son mari malade, décédé en 2008.  En quittant, elle s’est assurée d’une relève aux archives. « Si j’avais 20 ans de moins…. me disait-elle, quelle équipe nous ferions! »

Les exécuteurs testamentaires de Mme Laurette Laplante Agnew m’ont remis, pièce par pièce, des objets de reconnaissance accumulés au cours de sa vie en C.-B. et qui devaient revenir à la Francophonie.  C’était, dans le langage d’archivage, une collection à reconstituer et à conserver!

Personnellement, je dis Merci à cette mentore ayant contribué à mon développement personnel dans le domaine des archives! Dès laLaurette-Gisele rencontre de cette femme exceptionnelle, un tournant inimaginable a été donné à mon bénévolat.  Les fenêtres de l’archivage, de la classification, de la conservation et de la diffusion de l’Histoire se sont ouvertes tout en même temps. J’étais témoin d’une femme professionnelle compétente en gérance, d’une pionnière fière des débuts de l’AHFV, d’une chercheuse passionnée et tenace et d’une communicatrice brève, précise et éducative. « Le point est que… » était son expression de style pour diriger l’échange au point principal d’un échange.  Alors, devenir la relève du « coeur-moteur » des archives de l’AHFV me faisait peur et je m’en suis tenue au titre de « gardienne des archives » pour être vraiment à ma place dans cette grande aventure.  Ses conseils m’ont permis de développer une approche personnelle dans le domaine de l’archivage et de l’Histoire… racontée.

Merci Laurette Laplante Agnew de nous laisser en héritage des documents historiques bien organisés auxquels référer! Cette page en hommage de Laurette Laplante Agnew devra restée gravée car nous avons le devoir de perpétuer les portraits de ces pionniers et pionnières vivants en nous et dans la grande francophonie britanno-colombienne totale pour que les générations suivantes y réfèrent, tout comme nous tentons de le faire nous-mêmes, si difficilement, avec les gens du 19 ou 20e s. venus contribuer au développement de la C.-B.

Par conséquent, à Victoria, le 1er juillet 2011, jour anniversaire des 94 ans de Laurette, une visite hommage au cimetière historique Ross Bay de Oak Bay sera offerte à la communauté pour lui rendre hommage.  Requiescat in pace!

Dans la même veine, un défi de continuation est lancé à toute la communauté francophone victorienne: celui de penser à un projet pluriannuel d’envergure pour planifier un collectif d’auteurs, écrire des textes sur l’évolution de l’histoire des francophones et des institutions locales et de produire le Tome 2, « Présence Francophone à Victoria de 1987 à 2015 ».

Au plan provincial, un rêve d’avenir, inspiré directement du travail manuel d’archivage patiemment fait par Mme Laplante Agnew: celui d’un PANTHÉON virtuel de la francophonie en C.-B. pour collectionner et conserver les histoires de toutes ces personnes leaders disparues et qui ont oeuvré dans toutes les régions pour l’avancement de la Cause de la francophonie en C.-B.  Pour exister, ce Panthéon virtuel devra compter sur la FFCB, le CSF, la SHFCB, le Patrimoine canadien et Industrie Canada.

Cet espace patrimonial virtuel de référence genre Mémoire de biographies.aurait été voulu par Mme Laurette Laplante Agnew qui mentionnait le Grand Ordinaire!

À nous d’agir pour l’avenir, en nous basant sur les souhaits et les rêves laissés par ces leaders passés dans la grande chaîne de la Francophonie britanno-colombienne.

Texte présenté ce 10 juin 2011 par Gisèle Samson de l’Association Historique Francophone de Victoria aux membres de la FFCB en AGA 2011 et soutenu par un montage visuel de Sophie Oliveau Moore, graphiste.